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Sources : ISEE ; Pacific Asia Travel Association (PATA) 0 20 000 40 000 60 000 80 000 100 000 120 000 Nombre de touristes Figure 1 Flux touristique en Nouvelle-Calédonie entre 1954 et 2011 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 Polynésie française Nouvelle-Calédonie Hawaï Mariannes du Nord Guam Fidji Fréquentation touristique (indice 100 en 1982) 0 100 200 300 400 500 600 700 1982 1985 1990 1995 2000 2005 2010 Figure 2 Fréquentation des principales destinations touristiques du Pacifique Sources : Pacific Asia Travel Association (PATA) ATLAS DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE Planche 43 IV - L’économie Le tourisme 189 Un développement tardif et modeste Le tourisme apparaît dans les années 1920. De 1928 à 1937, 7 000 à 8 000 croisiéristes*, en majorité Australiens, découvrent Nouméa, grâce aux navires des Messageries maritimes et de l’Orient Line. Après la Seconde Guerre mondiale, le retour des vi- siteurs se fait longtemps attendre. On ne compte que quelques centaines de touristes par an durant les années 1950 ; il faut souligner que l’abandon de l’escale néo-calédonienne par la compagnie aérienne PANAM, en 1951, sur sa liaison transpaci- fique San Francisco-Sydney, a marginalisé le TOM, au moment où d’autres destinations, telles les Fidji ou Hawaï, par leur acces- sibilité notamment, voyaient arriver un nombre croissant de tou- ristes. Le retard pris à ce moment-là n’a jamais été rattrapé. La forte progression du flux à partir de 1973 (fig. 1), alors que l’économie subissait un spectaculaire ralentissement, révéla que le tourisme pouvait rendre moins vulnérable le Territoire aux fluctua- tions du cours du nickel, mais cette dynamique fut interrompue par les « événements » des années 1980. On passa de 90 655 touristes en 1984 à 47 804 en 1985, interrompant une période de progression. Il a fallu attendre 1996 pour retrouver le niveau de fréquentation de 1984, avec une stabilisation à 100 000 touristes par an depuis plus de dix ans, ce qui en fait une destination très secondaire. Hawaï, bien sûr, mais également Guam, les Fidji, les Mariannes du Nord ou la Polynésie française sont plus fréquentées que la Nouvelle-Calédonie, qui n’attire que le centième du flux à des- tination des îles du Pacifique. Plus inquiétant encore, dans la compétition à laquelle se livrent les lieux tropicaux pour attirer les touristes, la Nouvelle-Calédonie est progressivement décrochée, sa croissance étant plus lente que celle de ses concurrents (fig. 2). L e sénateur Cornet écrivait dans les Annales coloniales, en 1913, que l’île des Pins pouvait devenir pour l’Australie ce que la Caraïbe est aux États-Unis. Près de un siècle plus tard, on en est encore très loin : la desti- nation néo-calédonienne représentait, en 2010, moins de 0,3 % des séjours touristiques des Australiens à l’étranger, seize fois plus nombreux à fréquenter les îles Fidji. Dans un contexte de forte croissance du tourisme international, comptabilise comme touristes, il s’agit en fait de voyageurs d’affaires, totalisant environ un sixième des séjours, et qui sont plus le reflet de la santé économique de la Nouvelle-Calédonie, spécialement du secteur minier et métallurgique, que de son attractivité touristique. En y rajoutant ceux considérés comme touristes, mais venus pour y être soignés, en voyage scolaire ou participer à une compétition sportive, on peut estimer que le nombre de vacanciers se limite à moins de 75 000 annuelle- ment. Sur ce total, plus du quart est venu rendre visite à des amis ou à la famille : ils sont qualifiés de « touristes affinitaires ». Ce sont très majoritairement des Métropolitains, suivis par les Wallisiens, Futuniens et Tahitiens. En dépit de son éloignement, la Métropole est devenue depuis peu la principale source de touristes en Nouvelle- Calédonie, en raison spécialement du marasme économique 5 000 personnes (soit environ 5 % de l’emploi salarié total) et constituant la deuxième activité exportatrice de la Nouvelle-Calédonie, derrière le nickel, les dépenses des touristes extérieurs étant considérées comme des expor- tations. D’un autre point de vue, elle joue un rôle essen- tiel en maintenant des emplois en brousse ou dans les îles, limitant l’exode rural et redistribuant une partie de la richesse produite à Nouméa sur l’ensemble du territoire. Ces statistiques, en ne portant que sur le flux venant de l’extérieur, ignorent le tourisme des résidents néo-calédoniens en Nouvelle-Calédonie, qui s’avère fondamental. Des visiteurs aux pratiques diversifiées Lors même que les analyses se concentrent sur le tourisme international, on ne peut ignorer les autres types de fréquen- tation, telles les croisières et le tourisme domestique, qui témoi- gnent de pratiques diversifiées aux retombées économiques et spatiales disparates. Sur la centaine de milliers de touristes se rendant en Nouvelle- Calédonie chaque année, on peut tout d’abord noter qu’une partie non négligeable n’est pas venue dans le cadre de vacances, et si l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) les la stagnation de la fréquentation néo-calédonienne cor- respond à une perte de parts de marché. Mais le tou- risme ne se réduit pas à ce flux dûment comptabilisé, puisque les résidents sont aussi des touristes, à la fois en Nouvelle-Calédonie et à l’extérieur. Cette demande domestique, ignorée et mal connue, est une des clés de compréhension du tourisme, un secteur représentant envi- ron 4 % de la valeur ajoutée totale, employant plus de
4

Planche 43 - Tourisme

Jan 05, 2017

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  • Sources : ISEE ; Pacific Asia Travel Association (PATA)

    0

    20 000

    40 000

    60 000

    80 000

    100 000

    120 000

    Nomb

    re de

    touri

    stes

    Figure 1Flux touristique en Nouvelle-Caldonie entre 1954 et 2011

    1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010

    Polynsie franaiseNouvelle-Caldonie

    HawaMariannes du Nord

    GuamFidji

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    indice

    100

    en 1

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    0

    100

    200

    300

    400

    500

    600

    700

    1982 1985 1990 1995 2000 2005 2010

    Figure 2Frquentation des principales destinations touristiques du Pacifique

    Sources : Pacific Asia Travel Association (PATA)

    AtlAs de lA Nouvelle-CAldoNie

    Planche 43

    IV - Lconomie

    Le tourisme

    189

    Un dveloppement tardif et modeste

    Le tourisme apparat dans les annes 1920. De 1928 1937,

    7 000 8 000 croisiristes*, en majorit Australiens, dcouvrent

    Nouma, grce aux navires des Messageries maritimes et de

    lOrient Line. Aprs la Seconde Guerre mondiale, le retour des vi-

    siteurs se fait longtemps attendre. On ne compte que quelques

    centaines de touristes par an durant les annes 1950 ; il faut

    souligner que labandon de lescale no-caldonienne par la

    compagnie arienne PANAM, en 1951, sur sa liaison transpaci-

    fique San Francisco-Sydney, a marginalis le TOM, au moment

    o dautres destinations, telles les Fidji ou Hawa, par leur acces-

    sibilit notamment, voyaient arriver un nombre croissant de tou-

    ristes. Le retard pris ce moment-l na jamais t rattrap.

    La forte progression du flux partir de 1973 (fig. 1), alors que

    lconomie subissait un spectaculaire ralentissement, rvla que le

    tourisme pouvait rendre moins vulnrable le Territoire aux fluctua-

    tions du cours du nickel, mais cette dynamique fut interrompue par

    les vnements des annes 1980. On passa de 90 655 touristes en

    1984 47 804 en 1985, interrompant une priode de progression. Il

    a fallu attendre 1996 pour retrouver le niveau de frquentation de

    1984, avec une stabilisation 100 000 touristes par an depuis plus

    de dix ans, ce qui en fait une destination trs secondaire.

    Hawa, bien sr, mais galement Guam, les Fidji, les Mariannes

    du Nord ou la Polynsie franaise sont plus frquentes que la

    Nouvelle-Caldonie, qui nattire que le centime du flux des-

    tination des les du Pacifique. Plus inquitant encore, dans la

    comp tition laquelle se livrent les lieux tropicaux pour attirer les

    touristes, la Nouvelle-Caldonie est progressivement dcroche,

    sa croissance tant plus lente que celle de ses concurrents (fig. 2).

    L e snateur Cornet crivait dans les Annales coloniales, en 1913, que lle des Pins pouvait devenir pour lAustralie ce que la Carabe est aux tats-Unis. Prs de un sicle plus tard, on en est encore trs loin : la desti-nation no-caldonienne reprsentait, en 2010, moins de 0,3 % des sjours touristiques des Australiens ltranger, seize fois plus nombreux frquenter les les Fidji. Dans un contexte de forte croissance du tourisme international,

    comptabilise comme touristes, il sagit en fait de voyageurs

    daffaires, totalisant environ un sixime des sjours, et qui sont

    plus le reflet de la sant conomique de la Nouvelle-Caldonie,

    spcialement du secteur minier et mtallurgique, que de son

    attractivit touristique. En y rajoutant ceux considrs comme

    touristes, mais venus pour y tre soigns, en voyage scolaire ou

    participer une comptition sportive, on peut estimer que le

    nombre de vacanciers se limite moins de 75 000 annuelle-

    ment. Sur ce total, plus du quart est venu rendre visite des

    amis ou la famille : ils sont qualifis de touristes affinitaires .

    Ce sont trs majoritairement des Mtropolitains, suivis par les

    Wallisiens, Futuniens et Tahitiens.

    En dpit de son loignement, la Mtropole est devenue

    depuis peu la principale source de touristes en Nouvelle-

    Caldonie, en raison spcialement du marasme conomique

    5 000 personnes (soit environ 5 % de lemploi salari total) et constituant la deuxime activit exportatrice de la Nouvelle-Caldonie, derrire le nickel, les dpenses des touristes extrieurs tant considres comme des expor-tations. Dun autre point de vue, elle joue un rle essen-tiel en maintenant des emplois en brousse ou dans les les, limitant lexode rural et redistribuant une partie de la richesse produite Nouma sur lensemble du territoire.

    Ces statistiques, en ne portant que sur le flux venant de

    lext rieur, ignorent le tourisme des rsidents no-caldoniens

    en Nouvelle-Caldonie, qui savre fondamental.

    Des visiteurs aux pratiques diversifies

    Lors mme que les analyses se concentrent sur le tourisme

    international, on ne peut ignorer les autres types de frquen-

    tation, telles les croisires et le tourisme domestique, qui tmoi-

    gnent de pratiques diversifies aux retombes conomiques et

    spatiales disparates.

    Sur la centaine de milliers de touristes se rendant en Nouvelle-

    Caldonie chaque anne, on peut tout dabord noter quune

    partie non ngligeable nest pas venue dans le cadre de

    vacances, et si lOrganisation mondiale du tourisme (OMT) les

    la stagnation de la frquentation no-caldonienne cor-respond une perte de parts de march. Mais le tou-risme ne se rduit pas ce flux dment comptabilis, puisque les rsidents sont aussi des touristes, la fois en Nouvelle-Caldonie et lextrieur. Cette demande domestique, ignore et mal connue, est une des cls de comprhension du tourisme, un secteur reprsentant envi-ron 4 % de la valeur ajoute totale, employant plus de

  • J.

    -Ch.

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    Croisiristes australiens du Pacific Dawn sur lle des Pins

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    ce :

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    rie

    Htel Titi Tera Poindimi - 200925 km

    Note : les croisiristes sont comptabilissplusieurs fois sils font plusieurs escales.

    22 S

    20 S

    167 E165 E

    202 201

    134 824

    131 888

    Mar

    Belep

    LifouOuva

    Nouma

    le des Pins

    Figure 4Nombre de croisiristes en 2011

    Source : Port autonome de la Nouvelle-Caldonie

    Mtropole

    31 %

    16 %5,2 %

    15,2 %

    13 %5,8 % 13,8 %

    JaponReste de l'AsieAustralie

    Ocanie franaise, Runion et MayotteNouvelle-ZlandeAutres pays

    Figure 3 Origine des touristes internationaux en 2011

    Source : ISEE

    AtlAs de lA Nouvelle-CAldoNie

    IV - LconomieLe tourisme - Planche 43

    190

    affectant le Japon et qui a provoqu une chute de cette clien-

    tle de plus de 35 000 touristes en 1998 18 400 en 2011. Quant

    aux Australiens et No-Zlandais, leur frquentation a peu

    volu ces dix dernires annes, restant un niveau modeste.

    Ainsi, sous une apparente stagnation de la frquentation, se

    cache une alarmante perte de comptitivit de la destination,

    qui se traduit par laugmentation de la part des Franais, de

    Mtropole, de locan Indien ou dOcanie.

    Dans un tel contexte, la focalisation de la promotion sur les

    marchs de la zone Asie-Pacifique relve tout autant dune

    logique de reconqute de parts de march que de la ccit

    saisir lintrt de la clientle franaise. Pour preuve, si les

    Japonais dpensent quotidiennement plus que les autres, ils

    ne restent en moyenne que six jours contre un mois pour les

    Mtropolitains. Finalement, ces derniers sont ceux qui dpen-

    sent le plus localement.

    La dure du sjour explique largement la varit des pra-

    tiques touristiques et lingale frquentation de la Nouvelle-

    Caldonie. La brivet de la visite des Japonais ne leur permet

    ainsi pas de dcouvrir la Brousse*, accessible surtout par la route

    et proposant une signaltique touristique indigente. Comme

    pour les autres touristes, Nouma joue le rle dun camp de base

    partir duquel ils gagnent en avion pour la journe (day trip) ou

    pour une ou deux nuits lle des Pins ou les Loyaut, spcialement

    Ouva. Les sjours des Australiens et No-Zlandais sont encore

    plus concentrs sur Nouma. Inversement, les Mtropolitains,

    dont nombre sont conseills par les parents ou amis qui les

    hber gent Nouma, sont les plus enclins sillonner la Grande

    Terre et visiter les les. Les Mtropolitains installs pour quelques

    annes en Nouvelle-Caldonie ont des comportements assez

    proches lors de leurs vacances ou des fins de semaine, en fr-

    quentant tous les types dhbergement, spcialement les gtes

    et campings. Par contre, les Caldoniens* agissent trs diffrem-

    ment, toutes choses gales par ailleurs. Connaissant le pays,

    ils sont moins sduits par un tourisme de dcouverte. En outre,

    disposant de rsidences secondaires, de bateaux ou ayant des

    amis ou parents en Brousse, ils sont trs minoritaires dans la clien-

    tle de la parahtellerie, hormis lorsque la chasse est propose.

    Si les plaisanciers reprsentent peu de chose, il nen va

    pas de mme des croisiristes, dont le nombre a augment

    dune manire spectaculaire ces dix dernires annes (21 300

    en 1998, 210 919 en 2011). Mais, linstar de la frquentation

    touristique, les paquebots de croisire font principalement

    escale Nouma, visite par trois croisiristes sur quatre (fig. 4),

    et secondairement Lifou et lle des Pins.

    En consquence, une forte polarisation sur Nouma, qui

    concentre trois quarts des nuites payantes des touristes inter-

    nationaux en 2007, sopposent des pratiques gnrant un tou-

    risme beaucoup plus diffus.

    Le seul vritable autre ple touristique est lle des Pins, qui

    totalise environ le dixime des nuites payantes des touristes

    internationaux, mais qui est galement trs apprcie des rsi-

    dents. Proposant une offre diversifie autour de Kuto et un htel

    dexception, le Mridien le des Pins, elle jouit de sa relative

    proximit de Nouma, do limportance des courts sjours. Le

    reste du territoire est peu touch par le tourisme, lexception

    de quelques secteurs : la zone de La Foa-Sarrama-Farino-

    Moindou, avec le parc des Grandes Fougres, ses gtes et ses

    fermes-auberges (voir planche 60) ; Bourail avec la plage de

    Po et le projet htelier denvergure de Deva (voir planche 54) ;

    Poum, avec les secteurs de Malabou et de Poingam ; le tronon

    Poindimi-Hienghne sur la cte est. Ces deux derniers secteurs

    sont des tapes majeures du tour de la Nouvelle-Caldonie

    queffectuent nombre de touristes mtropolitains.

    En province Nord, le rquilibrage passe par le tourisme,

    conu comme le levier du dveloppement de la cte est, pri-

    ve de nickel, tout comme le sont les les Loyaut. Dans ces deux

    provinces, plutt que de dvelopper de grandes enclaves hte-

    lires, les pouvoirs publics ont cherch impliquer la population

    mlansienne. On a, de la sorte, favoris la cration de gtes et

    la construction dhtels de taille moyenne en partenariat avec

    les tribus, par le truchement de GDPL*. Les ouvertures, en 1991

    et 1992, du Club Mditerrane Hienghne (rebaptis ensuite

    Koulnou Village) et du Malabou Beach Poum, sont mettre

    au crdit de cette politique. Par la suite, dautres tablisse-

    ments (Mridien le des Pins, Drehu Village Lifou, Nengon

    Village Mar, Oasis de Kiamu Lifou, Paradis dOuva, et

    Titi Poindimi) sinscrivirent dans cette stratgie de tourisme

    intgr.

    Mais, en tant de comptence provinciale, le tourisme ptit

    dune promotion spare sur les marchs internationaux, en at-

    tendant que lAgence interprovinciale pour le dveloppement

    du tourisme (AIDT) soit oprationnelle. Cette situation aberrante

    nest quune des nombreuses entraves son dveloppement.

    Un tourisme trs dsquilibr spatialement

    Si linauguration de la table dorientation de Hienghne,

    en 1957, est emblmatique dune diffusion du tourisme par

    louverture de routes littorales, loffre marchande dhber-

    gement est, depuis plus de un demi-sicle, concentre sur

    Nouma. Sur 174 chambres dhtels en 1956, 70 % sont

    Nouma. Louverture, au milieu des annes 1960, du premier

    htel de classe internationale la pointe Magnin, le Chteau

    Royal, ne fait quamplifier le dsquilibre. Dans un rapport des

    annes 1970, il est dj not que le tourisme doit se dve-

    lopper en Brousse et dans les les. Ces vux vont rester lettre

    morte jusqu aujourdhui, cest mme le contraire qui sest

    produit ces dernire annes pour la capacit htelire. De

    mme, le Schma directeur de dveloppement touristique

    de la Nouvelle-Caldonie (SDDTNC), labor par Ph. Clary et

    J. Daoulas (1993), est rest sans suite. Quant au Plan de d-

    veloppement touristique concert de Nouvelle-Caldonie

    (PDTCNC), tabli par le cabinet KPMG en 2005, il tarde tre

    appliqu.

    Nouma est donc toujours une capitale touristique incontes-

    te, concentrant les deux tiers des chambres dhtels. Le long

    de la baie des Citrons et de lanse Vata, sont localiss la plu-

    part des grands tablissements ou des rsidences de tourisme

    et se rassemblent les lieux danimation nocturne (restaurants,

    casinos, botes de nuit). Les sites touristiques les plus visits de

    la Nouvelle-Caldonie sont Nouma (aquarium, parc fores-

    tier, centre culturel Tjibaou) ou proximit (phare Amde,

    parc de la rivire Bleue). Lexcursionnisme* gnr par

    Nouma cre une aire de loisirs incluant le sud de la Grande

    Terre et nombre dlots dans le lagon, mais inhibant les projets

    dhbergement.

  • WVoh

    Vao

    le des Pins

    Mar

    Lifou

    Ouva

    Poya

    Poum

    Kon

    Yat

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    Touho

    Waala

    Tadine

    Poubo

    Canala

    Npoui

    Koumac

    Ougoa

    Nouma

    La FoaFarino Sarrama

    Hwaadrila

    Kouaoua

    Moindou

    Bourail

    Houalou

    Pouembout

    Poindimi

    HienghneKaala-Gomen

    Ponrihouen

    Boulouparis

    TontoutaTontouta

    Belep

    Falaises de Jokin

    Notre-Dame de LourdesPont de Mouliet falaises de Lekine

    Baie de Chateaubriand

    Plage de Luengoni

    Grotte de la reine Hortense

    Baie d'Upi et Piscine naturelle

    Parc de la Rivire Bleue

    Chutes de la Madeleine

    Phare Amde

    leaux Canards leaux Canardslot Matre

    le Largnrele Largnrelot Signal

    Baie de Prony

    Boat Pass

    Col d'Amos

    Cascade Colnett

    Bac de la Ouame

    Poule de Hienghne

    Cur de Voh

    Roche perce et baie des Tortues

    Fort Teremba

    Parc desGrandes Fougres

    Monts KoghisMonts Koghis

    Saut duGuerrier

    20 S

    21 S

    22 S

    164 E 165 E 166 E 167 E 168 E

    0 50 km

    Cur touristique

    Aire de loisirs lieau cur touristique

    Concentration touristiquesecondaire

    Zone de tourisme diffus

    Secteur deVoh-Kon-Pouembout

    Forte avec htellerie et hbergement affinitaire (famille ou amis)

    Faible

    Assez forte avec htelleriediversifie et gtes

    Assez faible avec quelques htels, gtes et hbergements la ferme ou en tribu

    Assez forte avec htellerie et gtes

    Touristes mtropolitains ettrangers, croisiristes

    Excursionnistes rsidents et mtropolitains dominants

    Touristes mtropolitains, trangers et rsidents,

    croisiristes, excursionnistes

    Touristes mtropolitains et rsidents trs majoritaires

    Voyageurs d'affaires et tape pour les touristes

    mtropolitains ou rsidents

    Offre d'hbergement Type de visiteurs

    Site touristique majeur

    Escale de paquebots

    Circuit touristique du nord-caldonien

    Route principale

    Limite de province

    Limite de commune

    Localit

    Lagon

    ATLAS DE LA NOUVELLE-CALDONIE

    IR

    D 2

    012

    Source : IRD

    Le tourisme

    43

    L'espace touristique no-caldonien

    Nouma

    le des Pins

    Nouma

    le des Pins

    les Loyaut les Loyaut

    Province Sud(hors Nouma et le des Pins)

    Province NordNouma

    le des Pins

    157 000

    32 0005 000

    Nombre de nuites Les pratiques spatiales des touristes internationaux en 2007

    JaponaisAustralienset No-Zlandais

    Mtropolitains

    Nombre de touristes en 2008

    100 000

    1 140 000

    400 000

    6 700 000

    Forte croissance

    Faible croissance

    Baisse

    Frquentation touristique entre 1998 et 2008

    Foyers metteurs et defrquentations dominantes

    Principaux flux touristiques

    4 500 000

    1 000 000300 000

    Australie,Nouvelle-ZlandeJapontats-Unis

    CookFidji

    Guam

    Hawa

    Kiribati

    Marshall

    Micronsie

    Niue

    Nouvelle-Caldonie

    Mariannesdu Nord

    Palau

    Papouasie- Nouvelle-Guine

    Samoa SamoaAm.

    Salomon

    Polynsie franaise

    Tonga

    Tuvalu

    Vanuatu

    Australie

    Japon

    Nouvelle-Zlande

    tats-Unis

    500 km

    0

    30 N

    30 S

    180150 E

    120 O150 O

    Frquentation touristique des les de l'ocan Pacifique en 2008

    La capacit htelire en 2009

    140

    1 800

    3360

    105

    Nombre de chambresd'htels en 2009

    20 S

    22 S

    164 E 166 E 168 E

    191

  • Les week-ends dcouvertes : une faon dassocier

    le monde kanak au tourisme

    Crs par la province Nord en 2003, les week-ends dcouvertes permettent daccueillir

    des touristes en leur faisant partager la vie quotidienne mlansienne. Ces oprations

    mobilisent la communaut qui organise lhbergement, la restauration et les festivits

    lattention dun nombre limit de visiteurs (200 300 au maximum). Ce type daction

    est en cohrence avec la vie kanak, scande par des vnements rassemblant nombre

    dinvits, mais en difficult lorsquil sagit doffrir dans la continuit un accueil satisfaisant.

    En favorisant la familiarisation des rsidents la vie kanak, cette immersion est une forme

    dapprentissage suscitant frquemment dautres sjours en terres mlansiennes. Pour les

    responsables du tourisme, ces week-ends permettent de recenser les personnes motives

    et les sites intressants pour ensuite former ceux qui veulent se lancer dans une activit

    durable.

    Affiche pour un week-end dcouverte Touho (province Nord)

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    Baie des Citrons

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    AtlAs de lA Nouvelle-CAldoNie

    IV - LconomieLe tourisme - Planche 43

    192

    Une activit souffrant de nombreux handicaps

    Loin devant la modeste attractivit internationale du terri-

    toire, le pouvoir dachat lev dune partie non ngligeable

    de la population dmontr par les 123 600 voyages effec-

    tus par les No-Caldoniens hors de leur territoire en 2011, soit

    plus que le nombre de touristes internationaux est le principal

    moteur du tourisme en Nouvelle-Caldonie. Malheureusement,

    il gnre des effets induits nfastes : le niveau des salaires et

    des tarifs pratiqus fait de la Nouvelle-Caldonie une des desti-

    nations tropicales les moins comptitives du monde. Proposant

    des produits au rapport qualit-prix mdiocre et souffrant dun

    manque cruel danimation, elle ne peut rivaliser avec les les

    voisines. Ladministration et le nickel, en offrant des salaires bien

    suprieurs ceux du tourisme, dtournent la main-duvre de

    lhtellerie ou de la restauration, qui peinent recruter. On le

    remarque dans la zone VKP, o la population est plus attire par

    la mine que par le tourisme.

    Par consquent, loffre htelire savre insuffisante et ina-

    dapte. La prsence timide des groupes internationaux rvle

    la dfiance vis--vis de la destination, lse galement par le

    faible nombre doprateurs ariens, qui proposent des tarifs

    levs. La fermeture du Club Mditerrane Nouma, en 2001,

    est symptomatique, tout comme limplication primordiale de la

    puissance publique au travers de socits dconomie mixte

    (SEM) entre les mains des trois provinces (Promosud pour la

    Tourism

    It is not sufficient to reduce tourism in New Caledonia to the simple

    analysis of international frequentation, which has remained stable

    at around 100,000 visitors a year for the last twelve years or so.

    This sector, with the exception of the cruise industry where numbers are

    expanding constantly, shows a loss of competitiveness and a fall in

    market share in the Asia-Pacific zone. The numbers of Japanese and

    their proportion have decreased considerably, in favour of tourists from

    metropolitan France, while Australians and New Zealanders still do not

    seem attracted to New Caledonia. Alongside the tourists from outside

    New Caledonia, there is strong demand from the resident population,

    generating considerable domestic tourism which is vital for numerous

    hotels and other types of accommodation (bed and breakfast, gites,

    camp sites etc). Nouma and the le des Pins are the two tourist poles

    in the country, providing most of the hotel rooms and accounting for

    the largest numbers of nights for international tourists. In the other areas

    the tourist activity is not dense, the infrastructures are basic and the

    frequentation fairly low. This does not however mean that the activity

    is secondary. The authorities in the Northern Province and the Loyalty

    Islands have fully understood this, and have put the emphasis on inte-

    grating the activity into Kanak community life, rather than privileging

    large closed tourist facilities. The stakes are high, since the issue is to

    settle the population, reduce migration towards Nouma, and curtail

    the imbalance generated by the mining activity.

    province Sud, la SOFINOR pour la province Nord, la SODIL pour

    les les Loyaut) la tte dun parc htelier rduisant le poids

    relatif de Nouma mais peu rentable. Et lon ne peut qutre

    frapp par le hiatus entre les recommandations que lon trouve

    dans le SDDTNC ou le PDTCNC et la multiplication des rsi-

    dences htelires ou appartels de lanse Vata Nouma.

    Ils symbolisent le dtournement de la double dfiscalisation le

    cumul des dispositifs dtat et local, avec les lois du pays Frogier

    (2002) puis Martin (2008), permet un crdit dimpt correspon-

    dant environ aux deux tiers de linvestissement au profit de

    projets immobiliers et au dtriment de vritables infrastructures

    touristiques, parce que ces tablissements seront revendus en

    appartements la fin de la priode de dfiscalisation.

    Si la Nouvelle-Caldonie gagne tre connue, le moins que

    lon puisse dire aujourdhui cest que le chemin est encore long

    avant que les conditions dun rel dveloppement touristique

    soient runies, le bnfice de linscription dune partie du lagon

    sur la liste du patrimoine mondial de lUNESCO, en 2008, devant

    tre largement minor par les consquences nfastes des diff-

    rents mouvements sociaux qui agitent couramment le territoire,

    pnalisant les touristes et limage de la Nouvelle-Caldonie.

    Jean-Christophe Gay

    OrientatiOns bibliOgraphiquesClary Ph., Daoulas J., 1993 Dveloppement touristique de la Nouvelle-Caldonie. Enjeux et perspectives. Mission tourisme auprs de M. le dlgu du gouvernement, 177 p.Gay J.-Ch., 2009 Les Cocotiers de la France. Tourismes en outre-mer. Paris, Belin, 134 p.Isee Enqutes sur la dpense des touristes et statistiques touristiques rapides.KPMG, 2005 Plan de dveloppement touristique concert de Nouvelle-Caldonie. 127 p.