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JOSEPH STALINE - communisme-bolchevismecommunisme- · PDF fileJOSEPH STALINE LE MARXISME ET LA QUESTION NATIONALE ET COLONIALE Edition électronique réalisée par Vincent...

Apr 05, 2019

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JOSEPH STALINE

LE MARXISME ET LA QUESTIONNATIONALE ET COLONIALE

Edition lectronique ralise par Vincent Gouysse partir de louvragepubli en 1950 aux Editions Sociales, Paris.

WWW.MARXISME.FR

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Sommaire :

Le marxisme et la question nationale (1913) (p. 3)

I. La nation (p. 5)II. Le mouvement national (p. 10)III. Position de la question (p. 14)IV. L'autonomie nationale (p. 18)V. Le Bund, son nationalisme, son sparatisme (p. 24)VI. Les Caucasiens, la confrence des liquidateurs (p. 32)VII. La question nationale en Russie (p. 38)

Rapport sur la question nationale (1917) (p. 42)

La Rvolution d'Octobre et la question nationale (1918) (p. 45)

I. La rvolution de Fvrier et la question coloniale (p. 45)II. La Rvolution d'Octobre et la question nationale (p. 48)III. L'importance mondiale de la Rvolution d'Octobre (p. 50)

La politique du pouvoir des Soviets dans la question nationale en Russie (1920) (p. 52)

Les taches immdiates du Parti dans la question nationale (1921) (p. 58)

De la faon de poser la question nationale (1921) (p. 64)

De la runion des Rpubliques sovitiques (1922) (p. 68)

Les facteurs nationaux dans l'dification du parti et de l'Etat (1923) (p. 73)

Discours prononcs a la IVe confrence du Comit central du Parti communiste russe (1923) (p. 87)

I. Des droites et des gauches dans les Rpubliques et rgions nationales (p. 87)II. De la formation et de la consolidation des cadres marxistes dans les Rpubliques et rgions nationales (p. 92)

La question nationale (1924) (p. 94)

I. Position de la question (p. 94)II. Le mouvement de libration des peuples opprims et la rvolution proltarienne (p. 96)

Sur la question nationale en Yougoslavie (1925) (p. 99)

Des taches politiques de l'Universit des peuples d'Orient (1925) (p. 102)

I. Les tches de l'U.C.T.O. l'gard des Rpubliques sovitiques d'Orient (p. 102)II. Les tches de l'U.C.T.O. l'gard des pays d'Orient, coloniaux et dpendants (p. 107)

Encore une fois sur la question nationale (1925) (p. 111)

Extrait de la lettre adresse au camarade Kaganovitch et aux autres membres du comit central du parti communisted'Ukraine (1926) (p. 116)

A propos de la Chine (1927) (p. 118)

De la mthode proltarienne pour rsoudre la question nationale (1927) (p. 130)

La question nationale et le lninisme (1929) (p. 132)

I. La notion de nation (p. 132)II. Naissance et dveloppement des nations (p. 133)III. L'avenir des nations et des langues nationales (p. 135)IV. La politique du Parti dans la question nationale (p. 139)

A propos des dviations dans la question nationale (1930) (p. 143)

A propos des dviations vers le nationalisme (1934) (p. 149)

Sur le projet de constitution de l'U.R.S.S. (1936) (p. 150)

Sur le patriotisme sovitique (1944) (p. 153)

Sur le trait sovito-finlandais (1948) (p. 154)

Annexes (Principales dcisions du Parti sur la question nationale). (p. 155)

Rsolution sur la question nationale (1917) (p. 155)

Extrait du programme du Parti (dans le domaine des rapports nationaux) (1919) (p. 156)

Des taches immdiates du Parti dans la question nationale (1921) (p. 157)

I. Le rgime capitaliste et l'oppression nationale (p. 157)II. Le rgime sovitique et la libert nationale (p. 158)III. Les tches immdiates du P.C.R. (p. 160)

Les facteurs nationaux dans l'dification du Parti et de l'tat (1923) (p. 163)

Extrait de la rsolution sur le rapport du Comit central (1930) (p. 169)

Extraits de la Constitution stalinienne (p. 170)

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LE MARXISME ET LA QUESTION NATIONALE

(1913)

[L'article Le marxisme et la question nationale, crit fin 1912-dbut 1913, Vienne, parut pour lapremire fois en 1913 sous la signature K. Staline dans les numros 3-5 de la revue bolchvikProsvechtchni, sous le titre : La question nationale et la social-dmocratie . En 1914, il futpubli en brochure sous le titre : la Question nationale et le marxisme, aux ditions Pribo(Ptersbourg). En 1920, l'article fut rdit par le commissariat du peuple aux Minorits nationalesdans le Recueil d'articles de Staline sur la question nationale (Editions d'Etat, Toula). Ce recueil taitprcd d'une Note de l'auteur dont le passage ci-dessous se rapporte au prsent article : ... L'article reflte la priode des discussions de principe sur la question nationale dans les rangs de lasocial-dmocratie russe, l'poque de la raction tsariste et des grands propritaires fonciers, un anet demi avant le dbut de la guerre imprialiste, poque o montait la rvolution dmocratiquebourgeoise en Russie. Deux thories de la nation s'affrontaient alors et, partant, deux programmesnationaux : le programme autrichien, appuy par le Bund et les menchviks, et le programme russe,bolchevik. Le lecteur trouvera dans l'article la caractristique de ces deux courants. Les vnementsultrieurs, plus particulirement la guerre imprialiste et le dmembrement de l'Autriche-Hongrie enEtats nationaux distincts, ont montr avec vidence de quel ct est la vrit. Maintenant que Springeret Bauer sont rests Gros-Jean comme devant avec leur programme national, il n'est gure possible dedouter que l'histoire a condamn l' cole autrichienne . Le Bund lui-mme a d reconnatre que la revendication de l'autonomie nationale-culturelle [c'est--dire du programme national autrichien],formule en rgime capitaliste, perd son sens dans les conditions de la rvolution socialiste (voir laXIIe confrence du Bund, 1920). Le Bund ne se doute mme pas que, de ce fait, il a reconnu (sans lefaire exprs) l'inconsistance doctrinale des fondements thoriques du programme national autrichien,l'inconsistance doctrinale de la thorie autrichienne de la nation. C'est propos de cet article deStaline que Lnine crivait Gorki dans la seconde moiti de fvrier 1913 : Nous avons ici unmerveilleux Gorgien qui, aprs avoir rassembl tous les matriaux autrichiens et autres, a entreprisde composer un grand article pour le Prosvechtchni. Lorsque l'ouvrage parut, Lnine en reconnuthautement le mrite dans son article : le Programme national du P. O. S. D. R. , que publia larevue Social-dmocrate, n 32, du 28 (15) dcembre 1913. Indiquons les raisons qui, au cours de cettepriode, placrent l'un des tout premiers plans la question nationale, il crit : Dans la littraturemarxiste thorique, cet tat de choses, ainsi que les principes du programme national de la social-dmocratie ont dj, ces derniers temps, t mis en lumire (citons ici en premier lieu l'article deStaline). ]

La priode de contre-rvolution en Russie apporta non seulement la foudre et l'clair , mais aussi ladception l'gard du mouvement, le manque de foi dans les forces communes. On avait cru un avenir radieux , et les gens luttaient ensemble indpendamment de leur nationalit : les problmescommuns, avant tout ! Un doute se glissa dans l'me, et les gens commencrent se sparer pourregagner chacun son chez soi national : que chacun ne compte que sur soi-mme ! Problme national, avant tout !

En mme temps, se produisait dans le pays une srieuse refonte de la vie conomique. L'anne 1905n'avait pas t perdue pour lui : les restes du rgime de servage la campagne avaient reu un coup deplus. Une srie de bonnes rcoltes succdant aux disettes et l'essor industriel qui suivit, firentprogresser le capitalisme. La diffrenciation la campagne et la croissance des villes, ledveloppement du commerce et des voies de communication firent un grand pas en avant. Cela est vraisurtout en ce qui concerne la priphrie. Or, cela ne pouvait pas ne pas acclrer le processus deconsolidation conomique des nationalits composant la Russie. Ces dernires devaient se mettre enmouvement...

C'est encore dans le sens d'un rveil des nationalits qu'agissait le rgime constitutionnel qui s'taittabli cette poque. Le dveloppement des journaux et de la littrature en gnral, une certaine

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libert de la presse et des institutions culturelles, le dveloppement des thtres nationaux, etc.,contriburent sans nul doute renforcer les sentiments nationaux . La Douma avec sa campagnelectorale et ses groupes politiques ouvrit de nouvelles possibilits pour ranimer les nations, unenouvelle et vaste arne pour la mobilisation de ces dernires.

Et la vague de nationalisme belliqueux, partie d'en haut, toute une suite de rpressions de la part des dtenteurs du pouvoir , qui se vengeaient sur la priphrie pour son amour de la libert ,provoqurent une contre-vague de nationalisme montant d'en bas, qui se transformait parfois en ungrossier chauvinisme. Le renforcement du sionisme [Sionisme, courant politique nationaliste-ractionnaire, qui avait des partisans dans la petite et la moyenne bourgeoisie juive commerante etartisanale, parmi les intellectuels, les employs de commerce, les artisans et dans les couches les plusarrires des ouvriers juifs. Ce courant se donnait pour but d'organiser en Palestine un Etatbourgeois juif propre et cherchait isoler les masses ouvrires juives de la lutte commune duproltariat.] parmi les Juifs, le chauvinisme croissant en Pologne, le panislamisme [Panislamisme,idologie politique des couches suprieures turques, tatars, etc. (khans, moulahs, grands propritairesfonciers, marchands, etc.), qui tendaient runir en un tout unique tous les peuples confessantl'islamisme (religion musulmane). Un autre courant proche du panislamisme, c'est le panturquisme ;celui-ci tendait grouper les populations musulmanes turkies sous le pouvoir des Turcs.] parmi lesTatars, le renforcement du nationalisme parmi les Armniens, les Gorgiens, les Ukrainiens latendance gnrale du philistin l'antismitisme, autant de faits connus de tous.

La vague de nationalisme montait, toujours plus forte, menaant d'entraner les masses ouvrires. Etplus le mouvement de libration